La vie du Général Messimy

Adolphe MESSIMY 1869 – 1935

Voici une chronique citoyenne, écrite par notre ami René-Charles RUDIGOZ.

A l’entrée de Meximieux, venant de Lyon, se trouve, à main gauche, occupant la place de l’ancienne gendarmerie détruite le 1er septembre 1944, un petit square sur lequel est érigée une stèle surmontée du buste du Général Adolphe Messimy.

Né le 31 janvier 1869, à Lyon, où son père était notaire, Adolphe Marie Messimy choisit à la fin de ses études d’embrasser la carrière militaire.

Il intègre Saint-Cyr en 1887, au sein de la promotion « Tombouctou ». A sa sortie il choisit le 13e bataillon de chasseurs à pied, en garnison à Chambéry. Admis à l’école de guerre, il rejoint ensuite l’Etat Major de Lyon. Au moment de l’affaire Dreyfus, Messimy choisit le parti dreyfusard contre la plupart de ses supérieurs ; il se met alors en congé de l’armée puis démissionne en 1899.

Il se reconvertit rapidement, travaille chez un agent de change, met à profit son expérience en contribuant à de nombreuses revues : le Temps, le Matin, etc..

C’est à cette époque qu’il épouse Andrée Cornil, fille d’un médecin, lui-même sénateur de l’Allier.

Peut-être cela est-il à l’origine de son engagement en politique ?

Député de la Seine de 1902 à 1912, il a comme principaux centres d’intérêt les affaires militaires et les affaires coloniales. Rapporteur du budget de la Marine (1904) puis de la Guerre (1907-1908), il obtient la création de conseil supérieur de la Défense nationale.

Il s’installe au début du siècle au Château de Loyat, à Charnoz, propriété de sa famille depuis 1879. Il est rapidement élu maire de Charnoz en 1908 puis conseiller général du canton de Meximieux en 1910. Député de l’Ain, de 1912 à 1919, il devient ministre des colonies en 1911 puis ministre de la guerre tout d’abord en 1912 (Cabinet J. Caillaux) et surtout du 13 janvier au 26 août 1914 (Cabinet Viviani).

En responsabilité au début des hostilités (3 aout 1914), il ne ménage pas ses critiques aux responsables des erreurs initiales. Il prend la décision de nommer Galliéni, gouverneur militaire de Paris, celui-ci jouera un rôle déterminant dans la victoire de la Marne en réquisitionnant les taxis parisiens. Il est cependant contraint de quitter le gouvernement dès le 26 aout 1914 afin de laisser sa place à Alexandre Millerand.

Après son départ du gouvernement, il reprend le service actif. Dès le 1er septembre, revêtu de son uniforme de chef de bataillon, il rejoint l’état-major de la 1ère armée, persuadé que « le ministre d’hier ne doit pas disparaître derrière le chef de bataillon d’aujourd’hui ». Lieutenant-colonel, adjoint de Joffre, il occupe par la suite différents postes, est blessé deux fois, cité et décoré à de nombreuses reprises ; il libère Colmar (où une rue porte son nom) et termine la guerre avec le grade de général de brigade commandant la 162ème division d’infanterie.

Colmar (18 novembre 1918) – Le Général Messimy
Source gallica.bnf.fr / BnF

Il est alors élu sénateur de l’Ain en 1923, fonction qu’il occupera jusqu’à sa mort survenue le 1er septembre 1935. Il suivra de près les affaires militaires et coloniales, partisan de la construction de la ligne Maginot et de la création d’une armée de métier.

Il est enterré au cimetière de Loyasse à Lyon.

Outre sa carrière militaire et politique, il joue un rôle déterminant, aux côtés d’Anthelme Thibaut et d’Edouard Herriot dans la création du Comité de Défense et de Conservation du Vieux Pérouges ; il fit d’ailleurs l’acquisition d’une maison, à Pérouges, rue des rondes.

Mais pourquoi un buste de Messimy à Meximieux plutôt qu’à Charnoz ?

La statue commandée à Louis Prost, financée par une souscription publique devait être initialement placée sur la place de Charnoz, devant la mairie ; l’inauguration prévue en novembre 1939, fut ajournée pour les raisons que l’on imagine ; le projet est finalement abandonné.

Ce n’est qu’en 1956, grâce aux efforts conjugués des maires de Pérouges et de Meximieux, Francisque Thibaut et Victor Fol que la statue d’Adolphe Messimy trouva enfin la place qu’on lui connaît aujourd’hui.

L'AUTEUR : René-Charles RUDIGOZ

Natif de Meximieux et passionné par sa ville, il est co-auteur des livres « La bataille de Meximieux : 1er septembre 1944 » et de « Meximieux, d’hier à aujourd’hui ».

Professeur émérite des universités, ancien gynécologue-accoucheur des hôpitaux, Hospices Civils de Lyon, pendant des décennies. Aujourd’hui à la retraite, il reste il est encore très actif pour son métier passion.

Sources :

Adolphe Messimy, Autrement et toujours, Christophe Robinne, dans Inflexions 2021/1 (N° 46) p 111-118. 

EN COMPLEMENT

Le général Messimy était un très bon alpiniste.

« Après plusieurs tentatives, il ouvre en 1894 une nouvelle voie d’accès — dénommée depuis la voie Messimy — vers le sommet de la Grande Casse du massif de la Vanoise qui culmine à 3 855 mètres ».  (Wikipedia, article « Adolphe Messimy » consulté le 26/04/24).

Le « Guide Bleu-Savoie », édition de 1954, précise p 476, au sujet du sommet de la Grande Casse « Les victimes faites par cette cime sont le lieutenant Porchet et l’adjudant Rosier, du 13ème chasseurs alpins, qui périrent (juillet 1892) sur le glacier des Grands-Couloirs dans une ascension sans guides… le lieutenant Messimy (1869-1935), qui fut plus tard ministre de la guerre et général durant la guerre de 1914, échappa à cette catastrophe ».

La « voie Messimy » sur la Grande casse est toujours nommée ainsi aujourd’hui.