LA BATAILLE DE MEXIMIEUX

La bataille de Meximieux

 01 – 02 septembre 1944

La Bataille de Meximieux est le symbole de l’action conjuguée de l’Armée américaine et de la Résistance française ayant permis de tenir tête aux panzers allemands.

45e Division « Thunderbirds »

Après avoir débarqué sur les côtes de Provence, le 16 août 1944, dans le cadre de l’opération « Dragoon », les hommes de la 45e Division d’Infanterie « Thunderbirds », unité de la Garde nationale de la 7e Armée américaine, progressent rapidement vers le nord.

Transportés en camions ou juchés sur des chars, ils libèrent de nombreuses localités au fil de leur avancée. En quinze jours seulement, ils parcourent près de 480 kilomètres sans rencontrer de véritable résistance.

Des soldats aguerris

La 45e Division d’Infanterie est composée d’hommes issus de l’Arizona, du Colorado, du Nouveau-Mexique et de l’Oklahoma. L’insigne de la 45e Division d’Infanterie est le « Thunderbird », oiseau tonnerre amérindien. 

Chacun des quatre cotés de l’insigne représente un des quatre états d’origine du 45th Infantry Division : Oklahoma, Colorado, Arizona et Nouveau Mexique. Les couleurs quant à elles reflètent l’héritage hispanique de ces états. Cet insigne a été adopté en 1939.

Les hommes constituant la 45th Infantry Division sont des  soldats expérimentés, dont le parcours militaire les a déjà conduits sur plusieurs théâtres d’opérations : ils débarquent en Afrique du Nord en juin 1943, puis en Sicile en juillet de la même année, où ils prennent part à de violents combats. Le 22 janvier 1944, ils débarquent à nouveau, cette fois à Anzio, en Italie. L’opération Dragoon constitue ainsi leur quatrième débarquement.

Meximieux, un enjeu stratégique

Le 29 août 1944, le 179e Régiment d’Infanterie commandé par le Colonel Henry Meyer, soutenu par le 160e Régiment d’Artillerie de Campagne et le 117e Escadron de Cavalerie de Reconnaissance, reçoit pour mission de soutenir la progression du reste de la division vers le nord, en direction de Bourg-en-Bresse. L’objectif est de couper la route à la 19e Armée allemande, qui se replie vers Mâcon et Chalon-sur-Saône.

Pour contrer cette manœuvre, la 11e Division de Panzer reçoit quant à elle la mission de protéger le flanc est de la 19e Armée allemande.

Dans ce contexte, Meximieux devient un enjeu stratégique majeur. Les Américains transforment alors la ville en véritable camp retranché afin de contrôler cet axe de communication et de ralentir la progression des forces allemandes.

La Résistance entre dans la bataille

La rencontre entre les FFI de l’Ain et les soldats américains

Depuis le mois d’août 1944, les maquisards du camp Didier intensifient leurs opérations : sabotage de voies ferrées, attaque à l’explosif du barrage de Rochetaillée-Couzon sur la Saône, attaques de convois militaires allemands, du camp militaire de la Valbonne.

Ce harcelèment provoque une réponse coté allemand, qui décide d’une contre-offensive contre le camp Didier, le 30 août 1944. Faute d’armement capable d’arrêter les blindés, les maquisards sont alors contraints d’évacuer le camp pour éviter un « carnage ». (1)

Un premier groupe, commandé par le lieutenant Mollard, se replie à travers bois vers Meximieux, où il trouve asile au château avant de faire jonction avec les Américains. (1)

Les autres se replient à leur tour en bon ordre sur Meximieux dans la nuit du 30 au 31 août. Ils entrent en contact avec une patrouille de la 45th Infantry Division venant d’arriver à Meximieux. Mais pris au piège de la bataille qui commence, les hommes du camp Didier sont obligés de se dispersés pour éviter à la fois les grenadiers qui ratissent les bois de la Côtière et l’artillerie qui pilonne le secteur depuis Faramans. (1)

Le groupement Sud des maquis de l’Ain, commandé par Henri GIROUSSE, alias « Chabot », constitue alors l’une des principales structures militaires de la Résistance dans le département. Les FUJP y engagent notamment leur 5e compagnie.

La liaison entre les résistants de l’Ain et les forces américaines va notamment être facilitée par un jeune officier américain que les maquisards connaissent bien depuis plusieurs mois : le capitaine Owen Denis JOHNSON.

Opérateur radio de l’O.S.S., les services secrets américains, JOHNSON est également le bras droit du major britannique Richard Harry HESLOP, chef du circuit « Marksman » du S.O.E. britannique. Sa connaissance du terrain et des maquisards de l’Ain en fait un précieux intermédiaire entre les forces alliées et la Résistance.

Il assure ainsi la liaison entre le colonel MEYER, qui commande le 179e Régiment d’Infanterie américain, et les unités FFI placées sous les ordres du commandant Henri GIROUSSE.

Henri GIROUSSE met notamment à la disposition du 179e RI le bataillon de Lagnieu, commandé par le capitaine Maurice COLIN. Celui-ci est renforcé par la compagnie du lieutenant GIRAUD, par la compagnie de MAZAUD, formée notamment d’élèves de l’École préparatoire militaire d’Autun, ainsi que par la compagnie « Chouchou » de Marcel VION. S’y ajoutent les compagnies F.U.J., MARTIN et GABRIEL.

Le dispositif autour de Meximieux

Du côté américain, le 1er bataillon du 179e RI, commandé par le lieutenant-colonel Michael DAVISON, reçoit la mission de défendre Meximieux. Il installe son poste de commandement dans un café situé à proximité de la gare.

Le colonel MEYER, commandant le 179e RI, assisté de son adjoint, le colonel MURPHY, établit quant à lui son quartier général au petit séminaire.

Le colonel GRACE confie à la compagnie F du 2e bataillon la défense du camp de La Valbonne, aux côtés des FFI. Le reste du bataillon prend position sur le plateau de la Dombes, à proximité de Chalamont.

Le 3e bataillon, commandé par le colonel Philip JOHNSON, reste pour sa part dans le secteur de Loyettes, où il assure la protection des ponts de l’Ain et des lignes d’approvisionnement.

À Meximieux, Américains et résistants représentent alors une force d’environ 400 à 500 hommes. Des avant-postes et des batteries d’artillerie sont déployés autour de la ville afin d’en renforcer la défense.

Un point faible subsiste toutefois dans le dispositif américain : le pont de Chazey, situé à l’est de Meximieux, dont la défense a été largement négligée par le colonel MEYER.

C’est dans ce dispositif, encore imparfait, que les soldats américains et les maquisards de l’Ain vont devoir affronter les unités de la 11e Panzerdivision.

Le 1er septembre 1944 s’engage la bataille de Meximieux. Le colonel Murphy, de la 45e division américaine, a installé son P.C au Petit Séminaire, et a placé quatre canons antichars dans des points stratégiques. Le lieutenant-colonel Davison commande la bataille défensive de Meximieux et dispose de deux chars destroyers.

La ville de Meximieux devient un camp retranché. Dans ses rues se déroule une véritable bataille de chars, et le parc du château est le théâtre de sanglants combats. Le lieutenant Giraud est tué lors d’une reconnaissance.

Les américains occupent le château, ils ont transformé le petit séminaire en véritable forteresse et en hôpital de campagne où les religieuses infirmières se dévouent pour soigner les blessés.

Les tirs d’artillerie des Allemands blessent ou tuent plusieurs soldats américains et maquisards français. Les allemands se sont rendus maîtres d’un char TD M10 abandonné par les Américains à Pérouges, qu’ils utilisent comme « cheval de Troie » pour prendre le site du château par surprise. Même si des éclats ont été retrouvés dans certains arbres, les obus ont épargné les magnifiques cèdres et ifs plantés au 19e siècle, qui entourent le château encore aujourd’hui.

Au total, il y a eu 10 victimes civiles, 7 immeubles furent détruits, 67 très endommagés et 42 légèrement touchés. Le souvenir des soldats tués est rappelé par une stèle située allée du château. Des lieux portent leurs noms : place lieutenant Giraud, et les rues René Hyvert et Marcel Vion.

Meximieux est l’une des dix-sept communes de France médaillées de la Résistance par un décret du 25 septembre 1945.

Le lieutenant Colonel Davison deviendra commandant en chef des forces US en Europe, puis général. Il a été fait citoyen d’honneur de la ville de Meximieux dont une rue porte son nom.

Hotel du Lion d’Or le 1er septembre 1944

Char « Tank Destroyer M10 » américain place Vaugelas en septembre 1944 (© GM)

REVIVEZ LA BATAILLE DE MEXIMIEUX

Cette vidéo a été réalisée par le syndicat d’initiatives de Meximieux. Il s’agit d’un extrait d’un DVD produit par l’association « Les rencontres Vaugelas » à l’occasion de la commémoration du soixantième anniversaire de la bataille de Meximieux

COMMEMORATION DES 70 ANS DE LA BATAILLE

Vidéo réalisée par France3 Télévisions le 30/08/2014.

Pendant trois jours, la ville a vécu à l’heure de la Libération : camp de l’armée américaine, de la Wehrmacht, ou campement de maquisards ont été reproduits dans la ville avec armement, uniformes et véhicules d’époque.

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