Claude Frédéric MARCHAND curé de VARAMBON (1847 – 1907)
Voici une chronique citoyenne, écrite par notre citoyen et ami Michel MINCK.
Tout chercheur consacrant ses efforts à l’histoire de l’Ain rencontre tôt ou tard les bulletins de la Société GORINI. Ils font partie des incontournables pour celui qui souhaite compléter ou vérifier les écrits de Samuel GUICHENON, A.C.N. de LA TEYSSONNIERE et d’autres encore.
La Société GORINI est née le 28 janvier 1904, à Bourg-en-Bresse, au domicile de l’Abbé JOLY, aumônier de la Providence de Bourg-en-Bresse, sous le patronage de Monseigneur LUÇON, évêque du diocèse de Belley. A cette époque, le contexte politique entre le gouvernement républicain et l’Église est marqué par des tensions croissantes depuis près de 25 ans et chacun se souviendra de la Loi de séparation des Églises et de l’État adoptée le 9 décembre 1905 qui abroge le régime concordataire institué par le Consulat le 8 avril 1802 (18 germinal an X) en application du Concordat signé le 15 juillet 1801 (26 messidor an IX) entre le Gouvernement français et le Pape Pie VII. La Loi de 1905 est complétée en 1924 par l’autorisation des associations diocésaines : cette disposition sauve la jeune société de la disparition et elle peut s’épanouir.

L'AUTEUR : MICHEL MINCK
Ingénieur ESIEE Paris et IAE Lyon et citoyen de Meximieux. Engagé dans notre association, Michel est un grand passionné de photo, d’histoire, d’archéologie et de généalogie. Il est aussi académicien de la Dombes, membre associé de l’Académie Florimontane (Annecy) et membre de la Société d’Histoire et d’Archéologie de la Plaine de l’Ain (SHAPA).
Photo de l’auteur (2024)
Au départ, il s’agit d’une société d’histoire et d’archéologie diocésaine exclusivement orientée vers l’histoire de l’Eglise dans le Département de l’Ain. On lui attribue le nom de Jean Marie Sauveur GORINI, né à Bourg-en-Bresse le 29 octobre 1803 (6 brumaire an XII), et mort le 25 octobre 1859 à Saint-Denis-lès-Bourg après avoir été curé de La Tranclière et de Saint-Denis-lès-Bourg. Une plaque commémorative à l’entrée de l’église de Saint-Denis-lès-Bourg lui est d’ailleurs consacrée.
GORINI, qui fut professeur au petit séminaire de Meximieux (1827, classe de seconde), s’est rendu célèbre par la rigueur de son travail sur les sources originales, ce qui est particulièrement méritoire en cette première moitié du XIXème siècle, qui ne dispose pas des moyens de communication et d’indexation que nous connaissons aujourd’hui. Ses ouvrages ont été plusieurs fois réédités. Son œuvre majeure est « La défense de l’Eglise ».
On peut donc considérer que la société GORINI, créée en 1904 avec des membres âgés de 30 à 45 ans en moyenne, prend efficacement le relais de son illustre prédécesseur, avec les mêmes méthodes de travail et des membres fondateurs prestigieux tels que : Charles DEMENTHON, Louis ALLOING, Gabriel RENOUD, Vincent BRUYERE, Antoine JOLY, Clément PEPIN, Louis CHEVALIER, François BEREZIAT et Louis LAPLACE.
Le chanoine ALLOING (alors presque aveugle) démissionne de la présidence de la société GORINI en 1950 et il est remplacé par le Chanoine Jean CHARBONNET (1912-1996), originaire de Trévoux. Nombre des membres de la société ont été scolarisés au petit séminaire de Meximieux, ce qui tendrait à expliquer pourquoi notre histoire locale a été rédigée majoritairement par des ecclésiastiques tels que BLANCHON, MARCHAND et PAGE. Mais ce n’est pas la seule raison : la maîtrise parfaite du latin et de la paléographie médiévale est probablement la meilleure piste.
La publication du bulletin GORINI est toutefois interrompue en 1974, faute de rédacteurs : comme il s’agissait de personnes de la même génération, les décès se sont hélas rapidement accumulés, réduisant le personnel à presque néant. La société GORINI ne reprend qu’en 2005 sous le nom de Société Nouvelle GORINI.
Le fonds de la société GORINI a quitté les archives diocésaines – alors placées sous la direction de Paul CATTIN – pour rejoindre les archives départementales de l’Ain. Il s’agit d’un trésor contenu dans une série de 61grands cartons inventoriés dans le répertoire général de la société qui se présente lui-même sous forme d’un volume de 690 pages manuscrites reliées. La photographie le montre à côté d’une feuille au format A5 pour donner aperçu de la taille réelle du document.
Les archives départementales de l’Ain indexent le contenu du répertoire en vue de sa publication en ligne. Les chercheurs disposeront alors d’un outil exceptionnel et de sources rarement consultées.
Comme l’indique Paul CATTIN, ancien directeur des Archives départementales de l’Ain, puis ancien directeur des Archives diocésaines : la question de l’abandon du latin dans l’enseignement secondaire devient centrale à notre époque. La disparition de la génération des grands spécialistes comme ceux de la société GORINI pose la barrière de la langue à l’heure où l’on continue à trouver de nouveaux documents qu’il faut identifier, classer et comprendre.
Note : Comme exemple des publications de la société Gorini, on peut citer les articles de l’abbé Page sur l’histoire du prieuré St Jean-Baptiste et de la collégiale St Apollinaire de Meximieux : ce sont ces articles qui ont ensuite été regroupés dans le livre que l’association Patrimoine et Mémoire du Château de Meximieux a fait réimprimer avant de l’exploiter largement dans son propre ouvrage de 2023, « Meximieux, 7000 ans d’histoire ».
Le répertoire de la société Gorini (photo M. MINCK)
Le sceau de la société GORINI (photo : M.MINCK)
L’article N° 317 expose le contenu de 2 manuscrits de l’abbé Marchand (Photo M. MINCK)
Les sources :
- Archives du diocèse de Belley-Ars
- Bulletin de la société nouvelle GORINI 3ème série N°1 – année 2005 article de Joël LAMBERT p 45 à 47
- Archives Départementales de l’Ain